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François Hollande roulé dans les crimes ?

SURLERING.COM - FRANCE - par Philippe Bilger - le 26/03/2012 - 8 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Mohamed Merah est mort dans des conditions rapportées par Claude Guéant. Je n'aurais pas, connaissant le courage et l'expérience du RAID, l'impudence de discuter les modalités ayant abouti à cette disparition de plus en plus prévisible au fil de ces très longues dernières heures (Mediapart).


 
Dans un sondage CSA, Nicolas Sarkozy est passé en tête au premier tour avec un chiffre que jusqu'alors il n'avait jamais atteint: 30%, et François Hollande obtiendrait 28%. Derrière, Jean-Luc Mélenchon fondrait sur François Bayrou et Marine Le Pen.
 
Ce n'est pas pour rien que j'évoque cette toute fraîche évaluation parce qu'elle renvoie à l'omniprésence du président-candidat surtout depuis la tuerie devant l'école juive à Toulouse. Il est évident qu'il a su remarquablement jouer sur les deux tableaux que ces tragédies et la campagne présidentielle proposaient : la représentation émue et compassionnelle du chef de l'Etat avec force interventions officielles et médiatiques, notamment après la mort de Merah, le 22 à 13 heures, d'une part et, d'autre part, l'exploitation subtile par le candidat de ce que sa fonction lui permettait. Si François Hollande a été à la hauteur digne et respectueuse de ces tragédies, je considère qu'il a été roulé dans les crimes, comme vulgairement on est roulé dans la farine. Il a totalement laissé la main à Nicolas Sarkozy sans même mettre en cause, à un certain moment et à partir d'un certain niveau, la surenchère et l'outrance. Le comble est que Jean-François Copé a osé lui reprocher l'inverse alors qu'à l'évidence le deuil collectif dans lequel naturellement il s'est inscrit lui a fait perdre toute lucidité critique et l'audace de souligner que le recours à l'esprit national avait ses limites.
 
Mohamed Merah a été décrit par son avocat Christian Etelin qui l'avait connu en 2006 comme un petit délinquant d'habitude sans envergure ni véritable personnalité, aux antipodes du "loup solitaire" qu'il serait devenu et qu'il était resté même au moment de sa fin. Il n'y a rien que de très normal et classique dans ce hiatus entre l'être d'hier et celui qui soudain fait irruption dans l'espace public, dans le champ criminel. On a passé du temps à s'interroger sur ses dérives et sa métamorphose. Le crime déjà, à lui seul, est une rupture, crée une brèche terrible dans l'existence. Il est naïf alors de s'étonner de la tranquillité apparente d'avant puisqu'elle a été bouleversée par un cataclysme qui n'a rien à voir avec un quelconque communautarisme. Il a été suscité par le téléscopage d'un tempérament infiniment jeune, habituellement transgressif et immature avec un terrorisme et ses tentations de l'extrême appris si loin de Toulouse et de Montauban. Le petit "voyou" est devenu une subjectivité délirante et tellement murée que la mort des autres et la sienne propre avaient partie fanatique et tragique liée.
 
Nicolas Sarkozy, dans ses hommages aux militaires assassinés et aux victimes juives atrocement massacrées, a accompli son devoir. Je persiste à penser que ce n'étaient que des crimes, transgressions gravissimes certes infiniment odieuses, horriblement singulières, mais non des coups d'Etat. Ils ne mettaient pas à bas notre édifice national. Etait-il souhaitable de laisser croire que l'institution militaire elle-même était en péril, la communauté juive en danger et la démocratie en sursis ? Parce que Mohamed Merah avait absurdement évoqué une France "mise à genoux" par sa malfaisante entremise, était-il pertinent de reprendre ce registre ? De se placer sur son terrain au lieu de limiter sa terrifiante action à ce qu'elle était : une aventure solitaire et folle. Pouvait-on solennellement suggérer que l'unité nationale avait pu être compromise par ces crimes au pire perpétrés par une organisation réduite, au plus simple par un seul homme ? Et que la République était susceptible de "faiblir" devant des attaques à la fois si cruelles et si parcellaires ? C'était, par l'immixtion répétitive de l'Etat et sa présumée crainte, donner une importance démesurée à d'horribles tragédies répétitives qui, si elles avaient mobilisé normalement et absolument les autorités et les services compétents, n'avaient eu rigoureusement, et heureusement, aucune incidence sur la République, sa constance et sa force. C'était surestimer le mal et douter du pays.
 
François Hollande, entre le deuil nécessaire et la vigilance utile, n'a pas su ou pu trouver sa place. Nicolas Sarkozy décidément impose le la, le rythme, la quantité de coeur et d'esprit, décrète la mesure de l'émotion, se protège de l'accusation d'en faire trop, parle pourtant, depuis quelque temps, sans nécessité présidentielle. Entraînant le ridicule David Douillet dans son sillage avec sa mimétique minute de silence sportive !
 
Le comble a été à nouveau cette illusion législative proposée comme continuation de l'émotion et de l'indignation populaires relayées par l'exploitation gouvernementale. Je ne suis pas sûr que les mesures projetées, annoncées par le président jouissant jusqu'à plus soif d'un statut quasi invulnérable, soient, dans leur apparent caractère opératoire et utilitaire, conformes à ce que ces récents drames criminels auraient dû appeler (nouvelobs.com). Elles vont engager, si un jour elles sont mises en oeuvre, la France à cultiver encore davantage le péché gravissime du sarkozysme : une tragédie, une exploitation, une action fantasmée. Ainsi seront punis ceux qui consulteront des sites internet faisant l'apologie du terrorisme ou appelant à la violence ou à la haine. Seront envisagées la répression de l'apologie des crimes terroristes et celle - c'est le summum ! - de l'endoctrinement au terrorisme de toute personne s'étant rendue à l'étranger. C'est une dénaturation grave d'un moment exceptionnel de massacres, de deuil, que cette cuisine absconse fabriquée dans l'instant et nous construisant une démocratie suspicieuse jusque dans ses recoins les moins visibles. C'est cette démarche qui n'est pas honorable : dégrader une communion en politique. En mauvaise politique.
 
Je suis persuadé que la polémique maintenant va s'attacher à la mort de Mohamed Merah et aux circonstances qui l'ont précédée et suscitée. Pour ma part je n'ai pas abandonné, au nom d'une France blessée au travers de quelques malheureuses victimes et à cause de Mohamed Merah aujourd'hui relatif mystère (Le Monde), ma passion de demeurer citoyen à la fois solidaire et éveillé.

Philippe Bilger
 



Toutes les réactions (8)

1. 26/03/2012 18:24 - commequidirait

commequidiraitJe souscris sans réserve à votre article.
Je déplore aussi le fait qu'à aucun moment la classe politique n'ait su garder la tête froide (mais la plupart y avaient tout intérêt...) en empêchant qu'un fait divers, aussi horrible soit-il, devienne une affaire d'Etat.

2. 26/03/2012 18:24 - commequidirait

commequidiraitJe souscris sans réserve à votre article.
Je déplore aussi le fait qu'à aucun moment la classe politique n'ait su garder la tête froide (mais la plupart y avaient tout intérêt...) en empêchant qu'un fait divers, aussi horrible soit-il, devienne une affaire d'Etat.

3. 26/03/2012 18:28 - Eternaute

EternauteMalgré l'affichage d'une pséudo objectivité l'analyse est plus que partielle, il passe sous silence que tout suite après la fusillade et avant même qu'on savoir l'identité du coupable, dans ses déclarations à RMC Hollande ne se pas privé d'essayer de tirer parti de la fusillade, tout en disant le contraire. Il a stigmatisé "le vocabulaire, la vulgarité, la simplification" qui au sommet de l'Etat incarnerait Sarkozy. Reproches qu'aujourd'hui font partie de la langue de bois médiatique, mais que prononcé à ce moment là, manifeste la volonté de tirer partie de la situation, tout en se drapant dans un républicanisme de façade. On n'est pas impunément invité aux plateaux de tv si l'on ne partage pas la langue de bois des "élites" promptes à stigmatiser une "extrème droite" imaginaire et à défendre l'application de la Charia dans les piscines de Lille.
Pire encore Mr. Bilger ignore, ou fait semblent d'ignorer que Merah n'aurait pas pu exister sans la collaboration des medias promptes à stigmatiser tout sauf l'Islam, sans qu'une gauche enseignant qui domine l'Education National, laisse croire à des élèves des banlieues que Gaza c'est Auschwitz et que le vrai Auschwitz n'a jamais existé. Au lieu de répéter encore une fois l'éternelle rengaine des socialistes et des "médias" contre la législation répressive, Bilger devait se léver contre un système éducationnel et de communication qui ne rempli pas son rôle républicain. Là où au nom du "multi-culturalisme" la gauche met la République laïque en danger tous les jours

4. 26/03/2012 18:36 - Eternaute

EternauteMalgré l'affichage d'une pseudo objectivité, l'analyse est plus que partielle, il passe sous silence que tout suite après la fusillade, et avant même qu'on puis savoir l'identité de l’auteur, dans des déclarations à RMC Hollande ne se pas privé d'essayer de tirer parti de la fusillade, tout en disant le contraire. Il a stigmatisé "le vocabulaire, la vulgarité, la simplification" qui au sommet de l'Etat incarnerait selon lui Sarkozy. Reproches qu'aujourd'hui font partie de la « langue de bois médiatique », mais que prononcés à ce moment là, manifestent la volonté de «tirer partie de la situation, tout en se drapant dans un républicanisme de façade.
Pire encore Mr. Bilger ignore, ou fait semblent d'ignorer que la « folie » de Merah n'aurait pas pu exister sans la collaboration des medias promptes à stigmatiser tout sauf l'Islam, sans qu'une gauche enseignant qui, dominant à l'Education National, laisse croire à des élèves des banlieues que Gaza c'est Auschwitz et que le vrai Auschwitz n'a jamais existé.
Au lieu de répéter encore une fois l'éternelle rengaine des socialistes et des "médias" contre la législation répressive, M. Bilger devait se lever contre un système éducationnel et médiatique qui ne rempli pas son rôle républicain. Car c’est là où au nom du "multiculturalisme" la gauche met en danger tous les jours les fondements de la République laïque

5. 27/03/2012 11:09 - skostiss

skostiss"une aventure solitaire et folle." Mais bien-sûr ... Que Bilger passe ne serait-ce qu'un quart d'heure sur Facebook, il n'aura jamais assez de doigts pour compter les messages de soutien au "héros qui a si bien vengé la mort de pauvres enfants palestiniens". Où qu'il vienne à Roubaix, ville maudite que j'ai enfin pu quitter définitivement, pour voir si le danger est "si loin de Toulouse"...
Si Bilger est un citoyen "éveillé" je pense qu'il peut se rendormir tranquillement. Cela économisera ses forces qui ne servent plus grand chose.

6. 27/03/2012 16:36 - Cadet de Gascogne

Cadet de GascogneA noter que les cités du 93 sont remplies de tags à la gloire du raciste musulman Mohamed...Selon eux, "ça va exploser".

7. 27/03/2012 16:41 - HP

HPDans les dépêches du RING sur le sujet, on parle de "tueur en série"... et puis, j'en peux plus de ces photos avec ce sourire dégueulasse à toutes les sauces. Mieux vaut ne pas illustrer que de fausser la perception à ce point ! Très mauvais choix photographique.

8. 27/03/2012 18:12 - Sosnowiec

SosnowiecAl Jazeera ne pourra pas publier intégralement la vidéo de H.M., car elle montre l’amalgame inévitable qu'on nous déconseille de faire. Logique implacable. L’Islam, et ses plus respectables prédicateurs, poussent en effet à la haine des Juifs.

Ring 2012
Philippe Bilger par Philippe Bilger

Ancien avocat général près la cour d'appel de Paris, écrivain. Ring wall of fame.

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commequidirait26/03/2012 18:24 commequidirait
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